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Question : La tradition veut que le goût de la mécanique vous soit venu alors que vous étiez malade et immobilisé à Berk. Est-ce vrai ?

Réponse : C'est Faux ! Le démon de la mécanique m'a tenu dès l'enfance. Avec mon père, dans son atelier, j'étudiais déjà les équipements de minoterie. J'ai commencé en améliorant un moteur à débiter des XXX. Mais c'est vrai que, plus tard, à vingt-trois ans, j'ai dû rester trois ans immobile, à l'hopital Bouville, à Berck. Là, j'ai lu, travaillé, sans jamais m'ennuyer. Quand on le veut, on peut toujours donner un sens à la vie.

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  Question : Comment êtes-vous venu à l'automobile ?

  Réponse : Ma sœur avait épousé Pouliez, un coureur automobile passionne de mécanique, qui tenait un garage. Un jour de septembre 1929, il est mort brutalement. J'ai dû aider ma sœur. L'affaire a prospéré, il a fallu s'agrandir. Tout près, il y avait un atelier tenu par une dame. Elle s'appelait Mme Deutch, et son fils Charles venait d'entrer à Polytechnique. Vous voyez l'enchaînement… Nous avons racheté l'atelier et m'y suis installé. Au début, c'était dur. Pour attirer les clients, tous les matins au petit jour, je sortais sur le trottoir un tonneau d'essence et j'attendais à coté. En même temps, je me liais d'amitié avec Charles Deutch. Nous parlions de mécanique, nous faisions des rêves. Le plus beau, c'était de construire notre voiture. Seulement, nous n'avions pas d'argent. Alors, avec un bidon d'huile, nous avons fait une tirelire . Puis, un jour, nous avons décidé de la casser : Elle contenait 1000 francs et c'est de là que nous sommes partis pour débuter enfin aux douze Heures de Paris, en 1938, avec notre première voiture.

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rbGPnice1946Question : Ensuite, vous vous êtes marié et il y a eu la guerre. Mais après les années de guerre ?

Réponse : Dès 1945, nous présentions deux nouvelles D.B., des biplaces sport à moteur Citroën… " les tanks ", comme on les baptises. Et en 49, au Salon, un Coupé Citroën qui atteignait 150 à l'heure, et surtout un Racer Panhard, le début d'une collaboration qui devait durer plus de dix ans, avec des hauts et des bas, mais aussi de nombreuses victoires. En même temps, nous étions les premiers, en liaison avec la société Chausson, à utiliser la matière plastique dans la carrosserie, technique que j'applique toujours dans ma nouvelle usine de Romorantin.

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RB-Rouen1952Question : L'usine d'ou sortent aujourd'hui des René Bonnet à moteur Renault ?

Réponse : Oui, plusieurs modèles de voitures. Le cabriolet "Le Mans", doté du 4 cylindres 5 paliers 1100 cm3, dérivé de celui de la Floride S ; Le cabriolet" Missile " mû par un moteur de 850 cm3 ; le coach "Djet" standard (996 cm3) et le coupé "Djet Rallye" dont le moteur donne une puissance maximale de 85 ch. Ainsi je peux donner satisfaction à une clientèle qui s'étend bien au-delà des sportifs purs.

Question : Ces voitures sont pour vous un avenir. Mais n'avez-vous pas parfois la nostalgie du passé ?

Réponse : Deutch, n'est plus mon associé, mais mon plus grand désir est qu'il reste mon ami. Et qui sait ? Peut-on préjuger de l'avenir ?

Question : Ne préjugeons donc pas. D'ailleurs, ce qui importe, c'est une présence française aussi efficace que possible en compétition. Et là, quel est votre sentiment ?

Réponse : Mes accords avec Renault me permettent d'envisager un développement de la production, du stade artisanal à l'échelon industriel. Mais, devenu constructeur, je veux rester sportif. C'est le meilleur moyen de rester jeune. Et puis je me dois à des pilotes dont la fidélité ne s'est jamais démentie. Et il y a des souvenirs qu'on oublie pas : celui de Paul Armagnac demeurera toujours présent parmi nous. Le meilleur hommage qu'on puisse rendre à sa mémoire ce sera de remporter le challenge des constructeurs français, qui désormais porte son nom. A cela, je m'attacherai de toutes mes forces. Et je ne suis plus seul. En 58, pendant qu'un grave accident m'immobilisait une seconde fois mon fils aîné a interrompu ses études pour aider sa mère à la Direction de notre société. Cet apprentissage s 'est révélé probant. Aujourd'hui, il vient de terminer son service militaire et il a sa place à Romorantin. Mon second est le "matheux" de la famille; il sera, je l'espère, ingénieur des Arts et Métiers. Ils ont tous les deux la passion de l'automobile. Avec eux j'ai pu parler d'avenir. Pour commencer, je pense que, malgré une concurrence de plus en plus sévère dans les petites cylindrées, les grandes compétitions de 1963 seront favorables aux Bonnet-Renault. Je serai évidemment présent aux 24 Heures du Mans, mais je dois aussi penser Marché Commun et exportations, je dois donc m'efforcer d'être présent dans les grandes épreuves à l'étranger , comme la Targa Florio et le Nurbugring, entre autres. Il me faut de plus en plus aller de l'avant.

 

 

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